Mon travail explore la dynamique de co-évolution entre l’humain et son environnement, à l’intersection des sciences cognitives et de l’écologie.
Il traduit, à travers le corps et le territoire, les interactions réciproques entre psychisme, corps, société et écosystèmes, tout en questionnant la position de l’être humain au sein d’un système complexe et interdépendant.
Aujourd’hui, ma pratique s’appuie sur des processus que je réalise entièrement moi-même : de la récolte des plantes sur mon territoire à la transformation des pigments végétaux, jusqu’à la préparation de la tempera à l’œuf.
Chaque matière porte la mémoire d’un territoire, d’une saison et d’une pratique ancestrale. La tempera impose un rythme de lenteur, créant un espace d’échange entre matière, pensée et vivant.
Les tensions du psychisme — troubles, mémoire, liens sociaux, émotions difficiles — deviennent des indicateurs des déséquilibres intimes et collectifs, où le geste pictural cherche à rétablir des continuités entre corps, société et environnement.
Cette approche prolonge et enrichit mon travail antérieur à l’acrylique, qui privilégiait la rapidité et la vibration de la couleur, fondations essentielles de mes recherches.
Qu’elle soit à l’acrylique ou à la tempera, ma peinture porte un regard sensible sur les épreuves du corps, du psychisme et du territoire dans un monde en transformation. Par la couleur, les symboles et la matière, elle questionne les troubles psychiques et les défis collectifs, pour mieux comprendre la co-évolution entre l’humain et la nature.
Inspirée par Vallotton, Hopper et Neel, ainsi que par Thoreau, Merleau-Ponty, Colette, Pinkola Estés, Émile Reclus, Kundera, Bachelard et Sagan, ma composition mêle observation scientifique et imagination, invitant à une réflexion profonde sur notre devenir collectif.
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Née à Strasbourg, Florence Giuca vit et travaille à Marseille.
Diplômée de l'Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon après avoir étudié le design graphique, elle oriente sa pratique de l’image vers la peinture et le dessin.
Marquée par son semestre aux Beaux-Arts d’Athènes en 2014, elle quitte ses études et s’intéresse à l’écologie et au territoire. Elle entreprends divers itinéraires de voyage durables à travers l'Europe, s’installe dans la Nièvre et co-fonde une papeterie engagée, artisanale et écologique. Elle intègre ensuite plusieurs ateliers partagés : l’Openbach à Paris, Le PréàVie au Prè-Saint-Gervais, POUSH à Aubervilliers.
Elle participe à des expositions collectives, des résidences en France et en Europe et anime des ateliers auprès de nombreux publics (scolaires, associations, privés, poly-handicap, adultes).
En 2021, un diagnostic de sclérose en plaques fait basculer sa vie et sa vision du monde. Elle commence à s'intéresser aux sciences cognitives, qu'elle incorpore alors à son travail.
Membre du collectif de création Otoloto à POUSH elle prépare en parallèle un CAPA de Jardinière-Paysagiste.